Une légende criminelle: Al (48 ans), le crime comme métier.

Celui qui va nous intéresser aujourd’hui est né à Brooklyn il y a 110 ans, le 17 janvier 1899. Il a grandi dans une famille d’émigrés italiens très catholiques, originaires de la région de Naples. Il a 9 frères et soeurs. Son nom évoque à lui seul une grande partie de l’Histoire du crime organisé international. Il a inspiré pas mal de réalisateurs, de romanciers, de cinéastes. C’est une véritable légende. Tu l’auras compris, aujourd’hui, on parle d’Al Capone.

Roads (Portishead cover) by Åbäke

On est en Floride et Alphonse à 15 ans. Voilà un an qu’il a quitté l’école après avoir tabassé son prof. Il est maintenant membre de deux gangs aux noms tout à fait charmants: « The Brooklyn Rippers » (les éventreurs de Brooklyn) et « The Forty Thieves Junior » (« les 40 voleurs »: si toi aussi tu as eu une vision genre ça, oublie tout de suite… ces gamins là butent des adultes qui font 3 fois leurs poids à coups de flingues et de couteau de chasse).

Vers l’âge de 18 ans, il quitte Miami et remonte à Brooklyn. Il épouse une irlandaise avec qui il aura un fils. Entretemps, il a commis au moins une dizaine de meurtres et commence à acquérir une certaine réputation auprès de la pègre New-Yorkaise. Il devient le principal collaborateur de Johnny Torrio qui est le boss du business de l’endroit à l’époque. En 1925, Torrio quitte le milieu et laisse sa place à Capone. C’est pour ainsi dire le début de la carrière du bonhomme. Il reprend la guerre engagée à l’époque avec des gangs ennemis comme les « North Side Gang« . C’est littéralement la guerre du sang, plusieurs meurtres par jour sont commis en leur nom. Capone prend le temps d’infiltrer les autorités locales à coups de pot-de-vin, de menaces, de chantages... ces pratiques lui valent bientôt de bénéficier d’une réputation internationale. Il est connu jusque dans son pays d’origine.

En 1925 et 1930, Capone est le plus « productif » en terme de criminalité. Il envahit littéralement la majeure partie des institutions de New York, qu’elles soient financières, politiques ou commerciales. Il ouvre des bars clandestins, des clacs, des fausses salles de jeu dans lesquelles il blanchit un peu d’argent. À cette époque, il est à la tête d’une véritable armée de gros bras, d’influenceurs et de politiques qui lui obéit au doigt et à l’oeil. On craint Capone à tous les niveaux.

En 1931, il est arrêté par les autorités pour fraude fiscale (en effet, quand on gagne à peu près 100 millions de dollar par année, y’a un moment où y’en a qui sont pas d’accord). Il préfère plaider coupable en pensant qu’on lui accordera une libération sous caution. Manque de bol, sa requête est rejetée par le Ministère Public. Il est donc condamné à 11 ans de prison et près de 80 000 dollars de frais de justice. 2 ans auparavant, il avait tendu une embuscade à certains des membres du North Side Gang. Embuscade qui s’était conclue par 7 assassinats et dont les retombées furent internationales.

Après un petit séjour dans une prison d’Atlanta, il est envoyé à Alcatraz. En 1939, il est libéré pour raisons médicales (une syphilis apparemment). Il ne représente plus rien pour ses anciens anciens adversaires, qui ne s’intéressent plus à lui puisque l’empire qu’il avait créé durant ces 20 dernières années a simplement été englouti par ses anciens collaborateurs. Il meurt en 1947 en Floride, après une attaque d’apoplexie et une pneumonie.

Al Capone, en plus d’être devenu une légende, est le stéréotype du criminel professionnel. Il avait les ambitions socioéconomiques de tout le monde, il a trouvé un moyen de les satisfaire. Les criminels professionnels (les maffiosi, les trafiquants, les tueurs à gage…) n’ont rien à faire de la légalité. Le paradoxe, c’est qu’ils sont généralement des spécialistes juridiques qui manipulent et contournent les lois toute la journée. Ils sont toujours très organisés et le crime n’est pour eux qu’un moyen de s’enrichir. Ils n’ont pas le sentiment de violer une loi. Le criminel professionnel cherche de l’argent et du pouvoir, et rien ne doit pouvoir l’en empêcher. Psychologiquement, il supprime plus ou moins inconsciemment la limite qui existe entre le Bien et le Mal pour éviter tout sentiment de culpabilité. Ces individus sont des calculateurs, des anticipateurs, des manipulateurs de premier rang. Un autre paradoxe lié à cette forme de criminalité réside justement dans leur comportement. Les criminels professionnels refusent la structure sociale en place, ils refusent les hiérarchies – alors que leur seul mode de fonctionnement est justement basé sur une hiérarchisation. En gros, on est face à des asociaux extrêmement sociables.

Quand ils sont condamnés, ils embauchent les meilleurs avocats, même si ils sont eux-mêmes experts en droit. Ils attendent toujours la preuve de leur culpabilité pour ensuite essayer de déformer les faits, intimider les témoins à charge. Si la situation est vraiment trop compliquée, ils peuvent envisager de négocier une peine, mais en cas d’extrême risque de condamnation. Ces criminels sont beaucoup trop fiers, habitués à vivre dans le luxe pour assumer leur état de détenu, mélangé avec les autres criminels qu’ils considèrent de seconde classe.

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13 réponses à “Une légende criminelle: Al (48 ans), le crime comme métier.

    • Ouai, fatigue. Et je suis nul en maths. Je rectifie.
      Sinon, je fais super bien la cuisine… et je suis champion du monde de ronflage et de non-sens de l’orientation. J’ai plein de qualités hein.

      • Moi je vais démontrer ma balézitude en décès international, je n’en peux plus. Bonne nuit, le Québec. Ici Sainte Monique.

      • Yes it is. J’y ai fait un hold up chez Urban Outfitters cet aprèm, vu que ma chambre était pas prête. A visiter à NY, d’ailleurs, cette chaîne. Y a de la balle de fringues et autres trucs à la cool.

      • Déjà fait ici. Trop dangereux pour une carte bleue. Y’en a à tous les coins de rue, on dirait un immense complot.

  1. J’aime moi tes billets criminels, ça me rappelle le temps ou je passais mes soirées sur tueursenserie.org.
    Sinon Capone est un personnage bien intéressant, même s’il s’est fait choper par Tintin, le nul…
    Il me rappelle aussi beaucoup Du Yuesheng, le big boss de la pêgre de Shanghai dans les années 20 et 30. Le même genre de criminels professionnels apparemment.

    • Ce sont les mêmes ouai. Mais y’avait une plus grosse mythologie autour de Capone, donc c’était plus abordable (et je dois avouer que je m’étais jamais vraiment intéressé au bonhomme, donc ça a été une bonne occasion d’étudier la chose en profondeur).

  2. qu’est-ce qui justifie l’emploi du qualificatif « professionnel » ? le fait qu’il ait « infiltré les autorités locales » ?

    • C’est surtout le fait qu’il ait institutionnalisé son crime dans une organisation hiérarchisée et qu’il vit de sa criminalité financièrement parlant.

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