Fétichisme et fascination: Elizabeth (54 ans), psychopathie sanguinaire.

Hop, voilà le dernier épisode de la série que vous avez été à nombreux à suivre. Pour aujourd’hui je voulais vous parler d’un tueur en série particulièrement inquiétant, qui sévissait dans les Ardennes et en Belgique. C’était sans compter sur une suggestion plus que fine de ma collègue de pixels Sonia. Alors cette semaine, on va changer de registre (ou pas) et on va faire dans le sanguinaire, au premier sens du terme. Accroche toi à ton clavier, on part au 16ème siècle, dans les forêts hongroises… à l’intérieur d’un noble et vieux château, perché sur une colline. En bref, on est au 16ème siècle, en Transylvanie, dans un château sombre planté au milieu de nulle part, mais on va quand même pas causer de Dracula. Ce serait un peu trop facile.

Breaking 17 by Ambary

Nous sommes en 1560 en Hongrie. Anne, qui vient d’épouser son cousin Gyorgy donne naissance à son deuxième enfant, Elizabeth. Ils appartiennent à la famille des Bathory, une des familles hongroises les plus nobles de l’époque. La petite vit ses 10 premières années dans un contexte où les morts, la souffrance, les menaces et la famine sont quotidiennes. Dans la famille proche, on pratique sans le dire la sorcellerie et l’animisme… Elizabeth est fascinée par toute cette mystique qui dit que ce sont en fait les déesses qui possèdent les territoires, qui écrivent les destins.

La sorcellerie était un moyen de compenser la sensation de faiblesse qu’Elizabeth ressentait alors qu’elle avait vent quotidiennement du nombre de morts au front, de la barbarie de Soliman le Turc (qui, quand il gagnait une bataille, avait pour habitude de trancher les têtes des ennemis morts et de s’en servir comme plancher pour sa tente personnelle). Elle va puiser dans le mysticisme pour obtenir les forces nécessaires à sa croissance et à la construction de son identité.

À l’âge de 11 ans, on la fiance avec le fils des Nadasdy, qui a 5 ans de plus qu’elle. Il s’appelle Ferencz et il deviendra un des plus grands combattants hongrois contre les Turcs, on l’appellera même le Prince Noir. Elizabeth est élevée par sa future belle-mère comme le veut la tradition du moment. Elle avale littéralement les missels, les recueils de prières, apprend la Bible… tout cela sans jamais avoir la possibilité de jouer ou de sortir du château des Nadasdy. En 1575, Elizabeth et Ferencz se marient et s’installent dans le château qu’il lui offre pour l’occasion à Čachtice, au milieu de nulle part en plein coeur des Carpates. Entretemps, la légende veut qu’Elizabeth ait eu le temps de faire un enfant avec l’un des paysans du village avoisinnant la demeure de sa belle-famille – et que l’enfant soit mort né.

Pendant les 10 premières années de leur mariage, ils n’ont pas d’enfants puisque Ferencz est toujours au combat. En 1585, Elizabeth donne naissance à une fille, Anna – puis à deux enfants qui mourront très jeunes: Andrei et Orsolya – et enfin à Katharina et Pàl (né en 1598). Elle a beaucoup de responsabilités, elle gère la défense des propriétés familiales constamment pillées par les Turcs.

C’est à cette époque que les premières rumeurs circulent à son égard. Deux de ses serviteurs sont surpris plusieurs fois, aux aurores, vidant des bassines entières d’eau étrangement rouge dans les cours d’eau voisins. On se questionne, sans vraiment être sûr. On se demande ce qui se passe dans le château. Pendant les nuit, on entend constamment des cris, des pleurs, des hurlements déchirants. On s’aperçoit aussi que les servantes ne sortent plus du château, qu’elles ne regagnent plus leurs familles pendant les permissions. Ces échos sont transmis à la cour de Vienne qui ne porte pas tout de suite attention à ces rumeurs qui courent sur les pratiques de celle que l’on appelle désormais dans tout l’Empire « la Comtesse Sanglante« .

À la fin du 16ème siècle, le couple acquit une vieille bâtisse non loin du château, à laquelle une dizaine de serviteurs fut affiliée. Toujours la même. Selon les témoignages, c’est à cette époque que le sadisme d’Elizabeth s’était définitivement affirmé. C’était aussi à cette époque que la Comtesse avait construit un réseau de sous-fifres chargé de recruter toujours plus de nouvelles servantes à coups de propositions de salaires alléchantes. C’est quand les corps de deux femmes sont retrouvés non loin de la propriété que les autorités s’affolent et envoient des émissaires arrêter la Comtesse. Les deux corps comportent des plaies béantes, des brûlures, des morsures, qui laissent penser que ces femmes ont été victimes de tortures de différentes sortes, toutes plus atroces les unes que les autres.

Pendant le procès qui se déroule en 1611, lumière est faite sur le jeu démoniaque de la Comtesse. Que se passait-il dans le château des Nadasdy? Qu’a-t’on découvert pendant le procès?

Elizabeth était en fait lesbienne et s’adonnait à un culte sadique auprès de chacune de ses victimes. Elle avait monté un réseau de mercenaires, chargé de recruter des servantes ou d’inciter les filles de bonnes familles à venir apprendre les bonnes manières à l’intérieur du château. Une fois les portes du château franchies, le piège se refermait. Une nuit ou l’autre, chacune d’elle était attirée dans la chambre de la Comtesse, qui n’était en fait rien de plus qu’un donjon renfermant toutes sortes d’instruments de torture, une table de force, des lames, des forceps, une cheminée et des fers (entre autres). Ses complices étaient mêmes obligés de disposer des kilos de cendre sur le sol de la chambre pour éponger le sang qui était extrait des corps des victimes. Les témoignages rapportent que les victimes ont notamment subis les tortures suivantes:

  • Bastonnade à mort.
  • Brûlures et mutilations en tous genres sur les mains, le visages et les parties génitales.
  • Morsures dans les chairs (amputations des doigts, cannibalisme du visage, des bras et des jambes).
  • Exposition au froid entrainant la mort.
  • Mort par famine.
  • Empalements, tortures à l’aiguille.
  • Arrachage de doigts.

(Bref, funky la Comtesse…)


Après le procès, les plaintes recueillies par les autorités ont fait état de quelques 200 disparitions, dont la Comtesse serait susceptible d’être responsable. Ses complices ont été condamnés à mort (on leur a arraché les doigts et coupé la tête avant de les foutre au feu, histoire d’en finir avec la poésie…). Elle fut condamnée à une assignation à résidence, négociée par son fils auprès du Roi (dont elle était la nièce…).

Elisabeth est sans doute une des premières psychopathes jugées et dont les rituels ont été décrits. Elle avait en effet toutes les caractéristiques du profil.

  • Un charisme particulièrement frappant: même à 50 ans, sa peau étaient encore d’un blanc de porcelaine et ses yeux étaient « hypnotisants ». Elle avait l’air de ne jamais avoir vieilli (avait-elle vraiment pris des bains de sang de jouvence comme la légende l’a décrit?). Elle possédait une espèce d’aura mystique, mystérieuse capable de cristalliser les attentions de tous les individus qui l’entouraient.
  • Un narcissisme caractérisé par les offres qu’elle faisait à ses victimes, à qui elle proposait de travailler pour elle et de « bénéficier des ses enseignements ».
  • Une annihilation de la frontière entre le Bien et le Mal, une absence totale d’empathie… aucune barrière entre le normal et l’odieux.
  • La manipulation dont elle fait preuve pour convaincre ses bras droits de l’aider à ramener des victimes.
  • Une absence totale de remords.
  • Et finalement, le critères le plus symptomatique: la ritualisation – la théatralisation de l’assassinat (torture, table de force, emprisonnement, enfermement, instrumentalisation des cadavres…).

Elizabeth Bathory était tellement fascinée par le sang que la légende en a fait d’elle une fétichiste: le buvait-elle, se baignait-elle dedans, dormait-elle dedans…? Si les vampires n’existent pas, Elizabeth Bathory était peut-être la criminelle dont l’état en était le plus proche.



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38 réponses à “Fétichisme et fascination: Elizabeth (54 ans), psychopathie sanguinaire.

  1. Alors la, Bravo, j’avais suivi avec plaisir tes portraits de criminels et celui ci est à mon sens de loin le meilleur et très bien écrit.
    T’es sur que c’est fini? De vrai, de vrai? Dommage.

    • Merci beaucoup… (j’ai saigné -laule- pendant 2h30 dessus).

      Y’en aura sûrement d’autres, mais prochainement, je vais essayer de m’intéresser aux victimes… aux syndromes criminels etc. J’ai quelques idées, t’inquiète.

  2. WAOUW !!!
    Et bien dis donc, le moins que l’on puisse dire c’est que lorsque l’on te demande gentiment de te pencher sur une personnalité, tu fais ça très bien ! Bravo !!!

    Elle est réellement fascinante cette Comtesse sanglante. Je ne pensais pas qu’elle avait commis tant d’exactions… Je pensais simplement à la légende du bain de jouvence dans le sang de vierges. Mais les tortures périphériques, et bien, ça me laisse sans voix.

    Tu as très bien décrit le personnage.
    Merci 😉

    • Rahhhh bah ça, ça fait plaiz’ tiens. J’ai passé l’après-midi sur le portrait de la dame, je peux te dire que t’aurais pas franchement kiffé être une jouvencelle en détresse coincée chez elle, parce que j’ai pas tout dit niveau trashitude…

  3. chouette alors!
    avant de le finir au boulot je me permet : « fiancer » et « donjon » (anglicisme)

      • De rien.
        Question :
        Ces catégories sont-elles étanches? ou un individu peut il glisser de l’une à l’autre? lesquelles? dans quel sens?

      • Elles ne sont pas DU TOUT étanches. Il peut y avoir des changements de catégories, de pathologies et de comportements.

        Néanmoins, te donner les passerelles entre les catégories reviendrait à faire de l’Élisabeth Tessier-isme. Ca dépend de beaucoup de facteurs qui sont avant-tout individuels, donc assez variables… il n’y a pas vraiment de généralités que l’on peut faire dans ce cas là, ce serait même assez dangereux.

        Après, ces catégories sont, comme je l’ai dis dans les premiers posts, établies très généralement (il y a parfois des dizaines de sous-catégories que je n’ai pas pu développer parce que ce serait devenu très clinique et que j’ai pas forcément l’expérience pour pouvoir en parler sans dire de conneries).

  4. Je vois.
    En même temps, à l’époque en Transylvanie, pas de ciné, pas de The Offspring au Zénith, et pas de pimp my ride sur MTV… On peut reconnaître à cette dame d’avoir eu un peu d’imagination pour divertir le badaud.

  5. Et j’ai une autre question (ça t’apprendra à y répondre, Sisyphe), j’ai vu qu’il y a « 3 à 12% de psycopathes » sur l’ensemble de la population criminelle d’un pays. Quelqu’un a-t-il écrit sur les causes de la répartition des catégories de criminels suivant les structures sociales ou les traits culturels d’un pays?

    • Oui, il y a des gens qui ont écrit là-dessus… c’est très culturel, ça dépend généralement de la présence de la religion dans la société, du type de rituels religieux, des structures familiales, des lieux de socialisation, de la sexuation des rôles… etc.

      C’est vraiment hyper compliqué parce qu’on touche à la genèse des psychopathologies. Mais globalement, ça dépend des agents de socialisation particuliers aux sociétés.
      🙂

  6. c’est sympa, je veux bien.
    Note c’est pas une priorité, j’ai déjà trois bouquins en cours et je dépasse pas le 1er chapitre. Prends plutôt du temps pour pioncer.

  7. ce profil m’ a un peu fait penser à celui de Gilles de Rais (un siècle plus tôt) position sociale privilégiée (permettant une plus longue impunité ?), la nécessité d’avoir dans son proche entourage des « rabatteurs » (bien manipulés en effet),
    la focalisation sur un type de « proies », l’influence de la sorcellerie, l’extrême cruauté envers les victimes, et… ça s’arrête là
    ah si peut-être la « fascination du public » également à l’égard du personnage
    mais apparemment Gilles de Rais ne serait pas coupable (!?)de ce dont il fut accusé puisqu’un acquittement (sans valeur) fut prononcé en 1992 par un groupe de parlementaires, d’anciens ministres et d’experts (info lue sur wikipédia).

  8. Brrr!
    Tu racontes vachement bien les histoires Henri. J’espère simplement que Marie ne s’est pas fait enlever par un folle dingue de la sorte. Une voisine du même nom qui lui offre de bouquins par exemple.
    Le monde de la sorcellerie est proche de celui de la politique, sa recherche est celle du pouvoir. Il y a une partie de l’alchimie qui permettrait d’avoir le pouvoir sur tous les êtres vivants dont celui des humains. Elle demande énormément de sang humain comme matière première. Un truc de malade.

    • Héhé j’espère aussi pour Marie.
      Pour ce qui est de l’alchimie, j’ai l’impression d’être dans un épisode de Full Metal Alchemist en te lisant… huhu.

  9. Yep, ça c’est du post. Tu as fait le bon choix Henri ;-)Dommage que tu t’arrêtes, j’aimais bien commencer ma journée sur des bains de sang moi…

    Oh, et ce son… Je bave.

  10. Je plussoie! Très bon!
    Tu rigolais, mais si tu continue comme ça, tu finis dans Libé ET sur le plateau de Pradel.
    En plus ça règle tes états d’âmes sur les choix:
    – CFJ
    – TF1
    – Boîte de prod’
    – …

    Sinon, au risque de paraître lourd, je te recommande la superbe expo « de Byzance à Constantinople ». Solimane était un grand lettré et très fin. Un protecteur des arts. Euh et un peu successful.

    Allez je sors.

  11. Pingback: L’héritage de Kitty. « Henri en Belgie·

  12. Très intéressant ! juste une petite remarque : le portrait avec lequel tu as illustré cet article est celui de Lucrezia Panciatichi par Bronzino … aucun rapport avec notre comtesse sanglante, qui était beaucoup moins belle …

    • Merci ! oui je me doute bien que ce n’était pas son portrait, mais bon, on était dans les couleurs et je trouve que la pose était suffisamment glaçante pour convenir à ce post.

      Merci de l’info en tout cas, bienvenue dans le coin !

  13. Ah voilà, j’ai retrouvé cet article…Comme je viens de voir le film de Julie Delpy, qui penche quand même nettement pour la thèse du complot contre Bathory (je n’ai pas trouvé qu’elle laissait planer le doute quant à son opinion sur cette affaire, mais il faut dire que Delpy est une auteure, qui se projette énormément sur ces personnages…), je voulais savoir ce qu’il en était au niveau de la crédibilité historique d’une telle thèse. Si tu as une idée là-dessus…

    Effectivement, comme acila, j’ai beaucoup pensé à Gilles de Rais à la lecture de ce portrait…

    • C’est à dire que j’ai pas du tout vu le film, mais j’en ai parlé avec mon bon YoosF.
      Apparemment, la structure narrative de l’histoire (surtout de le point de départ) n’a rien à voir avec le présupposé historique de sa situation de couple.

      Faudrait que je voie le film, je peux pas t’en dire plus pour l’instant.
      Mais Yoos pourra peut-être en dire plus ici.

    • Alors oui je pourrais en dire plus en effet 🙂

      Contrairement à toi La Stagiaire, je trouve que Julie Delpy laisse planer le doute sur le mythe de La Comtesse. En effet tu as pu remarquer que toute la structure narrative du film est construite autour d’évènements rapportés, et racontés par le jeune Istvan (qui est l’amant déchu de Bathory dans le film, et dont le départ aurait provoqué la folie d’Erszebet). Donc ça laisse une certaine liberté quant aux évènements.

      Après comme tu le dis, Delpy se projette sur le personnage, et la théorie d’une déception amoureuse qui fait totalement sombrer dans la folie un personnage déjà très enclin à la psychopathie me semble être inventée. Mais si les faits relatés dans le film ne respectent pas tellement la réalité historique, je trouve que l’aspect mythique, lui, est plutôt bien respecté. On n’affirme jamais la véracité de tel ou tel fait, et on laisse planer une espèce d’aura mystique autour de cette légende. Est-ce qu’elle était vraiment folle ? Etait-ce une vraie égoïste narcissique ? Faisait-elle vraiment de la sorcellerie ? Ou a t-elle juste été victime d’un complot ?

      Il me semble que la voix narrative employée (celle d’Istvan donc) reflète assez l’opinion de l’auteur au final. Elle raconte le mythe à sa façon, sans jamais rien affirmer totalement. Puisqu’après tout, que ce soit dû à la façon dont les « puissants et les vainqueurs modifient l’histoire comme ça les arrange » (dixit Istvan au début du film, a peu de choses près) ou aux siècles qui se sont écoulés depuis, on peut que laisser plâner le doute.

      C’est en ça que j’ai trouvé le film réussi. Après je pourrais émettre pas mal de réserves quant au reste, mais c’est une autre histoire 🙂

      • Ah ouis aussi, en relisant le post je m’aperçois que la vie de la Comtesse et le fonctionnement des crimes sont bien respectés aussi. C’est vraiment juste sur la folie que Delpy prend des libertés.

  14. Note pour Henri : je ne sais pas si ce post est spoiler-free, au cas où tu voudrais voir le film…

    « En effet tu as pu remarquer que toute la structure narrative du film est construite autour d’évènements rapportés, et racontés par le jeune Istvan (qui est l’amant déchu de Bathory dans le film, et dont le départ aurait provoqué la folie d’Erszebet). Donc ça laisse une certaine liberté quant aux évènements. »

    Justement, je trouve que Delpy, par cette double mise en abyme (le jeune amant qui nous rapporte ce qui lui a été rapporté), accrédite clairement la thèse du complot et se positionne en faveur de la non-culpabilité de Bathory (les scènes de torture n’étant finalement que la restranscription des fantasmes colportés). Et, à vrai dire, je trouve ça un peu léger, même si le film en soi est bien foutu… En arguant que l’histoire est écrite par les vainqueurs (et que par conséquent, ce qu’on nous raconte c’est rien que des conneries – la preuve : on ne nous laisse pas voir de nos propres yeux les cadavres putréfiés des victimes), on peut très bien arriver à des extrémités type « les chambres à gaz n’ont pas existé, je n’en ai jamais vu, pis de toute façon, l’histoire est écrite par les vainqueurs, d’abord, na ».

    Sorry pour le point Godwin, mais ça m’a permis de mettre le doigt sur ce qui me dérange dans ce film (en fait, je crois qu’on a des points de vue complètement opposés : tu sembles avoir apprécié le propos et moins la forme. En ce qui me concerne, c’est carrément l’inverse :D)

    Note

    • Mais ton point de vue se tient totalement. Je n’ai pas dit que c’était plus ou moins louable, mais je trouvais qu’elle ne se mouillait pas et que par conséquent elle pouvait se faire plaisir.
      Mais comme tu le dis, c’est un point de vue 🙂

    • Et pour ce qui est de la forme, j’ai trouvé l’esthétique du film plutôt réussie, mais alors le montage est une véritable catastrophe : c’est brusque, brouillon, les scènes ne prennent pas assez de temps… C’est dommage parce que le film ne fait qu’1H35 donc il aurait été possible de développer un peu.
      Et puis le jeu ultra-théatral (de Delpy et des autres) est parfois assez chiant tout de même. Même si Daniel Brühl est assez crédible en prince charmant (mais j’y peux rien, je l’aime bien moi ce type. Il a une tête de mec trop sympa).

      • Ah ? Je trouve que ce qui fait la force et la faiblesse du film, c’est que Delpy se mouille. Jusqu’au cou. Et j’ai adoré son jeu, alors que Daniel Brühl m’a toujours paru falot (à vrai dire, je trouve peu vraisemblable que cette terrible comtesse tombe éperdument amoureuse de lui, qui a l’air si inoffensif). La lumière est très belle aussi. Enfin, le montage ne m’a pas choquée (en même temps, j’ai vu Agora le lendemain, et en matière de montage tout pourri, ça se pose là, affreux ce film), mais quels « développements » aurais-tu aimé voir ?

      • Alors on va commencer par le commencement. Pour savoir ce que je pense d’Agora, viens faire un tour par ici : http://yoosf.wordpress.com/2010/01/08/agoraphobia/
        (Mais quelle idée tu as eu là ?)

        Ensuite, j’ai moi aussi trouvé la lumière et l’esthétique générale du film réussis. Par contre le jeu de Delpy m’a dérangé par moment, trop théâtral. J’ai trouvé Brühl plus sobre, et ça m’a plu. Et par développement, je veux dire laisser les scènes prendre un peu, plutôt que les expédier sans trop de transitions comme c’est le cas trop souvent dans le film. Et j’ai aussi trouvé les dialogues mal rythmés par le montage (lenteur dans le contrechamp qui sonne comme un disque rayé). Mais bon, c’est du gros pinaillage là. Je passe trop de temps en compagnie d’un pote monteur je crois… 😉

      • « lenteur dans le contrechamp qui sonne comme un disque rayé »

        Vous venez de me perdre les enfants.

      • Mais non, tu sais dans les champs-contrechamps, quand les gens discutent, c’est cool que ce soit fluide, que les dialogues et les regards s’enchaînent comme il faut. Et là c’est pas vraiment le cas. Y’a ce vilain quart de seconde en trop entre les répliques qui est aussi énervant que quand un skeud est rayé et que ça te pète le rythme de ton morceau. Tu saisis ma métaphore ?

  15. Moui, je crois vraiment que tu passes trop de temps avec ton pote, parce que je n’ai rien remarqué… En même temps, je dois passer beaucoup trop de temps au cinéma (et devant des trucs pas toujours jojo, carte UGC illimitée oblige – sachant que le choix de films quand on a une UI illimitée en Belgique est plutôt…euh…limité ?).

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