Ou quand ta boîte crée du possible.

Lecteur de moi, camarade,

Le boulot est un créateur de possible. Non pas comme ça, je te vois venir. Mon expérience professionnelle n’étant pas d’une richesse transcendantale, je suis en train de me faire à avoir des habitudes de boulot. Et crois-moi, je pensais pas devenir naïf et candide au point où j’en suis aujourd’hui.

Sugar Sugar – Diving with Andy

J’ai monté une étagère parce qu’on me l’a demandé. De 1) si tu me connais un brin, tu sais que monter une étagère relève simplement de l’exploit, de la prouesse, de la possible naissance d’une forme de vie jusqu’alors jamais soupçonnée dans l’intérieur de mon moi-même. De 2) j’ai même pas manifesté une once de rechignement ou de velléité anti-montage de meuble. Que se passe-t’il? Non mais sérieux, que se passe-t’il? L’influence de la hiérarchie ? Le sens du devoir (j’y crois pas une seconde) ? L’amélioration du bien-être collectif ? Mon sens pratique étant originellement absent, je me pose des questions.

Non parce que faut savoir, que depuis le déménagement de la boîte pris en charge par mon moi-même en terme de transbahutage de cartons, de rebranchage d’ordinateur, de reparamétrage de connexion WiFi entre des imprimantes et des serveurs publics – toute la boîte me prend à peu près pour un mix entre Bob le Bricoleur, le plombier de Desperate Housewive (sans les muscles et la bogossitude, faut pas rêver) et McGyver (sans la coupe de cheveux, faut pas rêver non plus). Ce qui ferait sans doute marrer 95% des gens qui me connaissent dans la vraie-vie. Je deviens manuel. Nom de Dieu. Comment se fait-ce?

En dehors de ça, il semblerait qu’on veuille me filer des responsabilités, du genre embaucher d’autres stagiaires et les coller sous mes « ordres ». J’ai déjà une stagiaire, qui n’est pas officiellement la mienne mais avec laquelle je bosse en général pas mal et sur qui j’ai l’autorisation de hurler quand elle fait de la merde, c’est à dire souvent. Je ne suis pas en bas de la chaîne alimentaire, donc on va pas se plaindre et on en profite un peu, dans les limites fixées par le droit pénal. Pas folle, la frite.

Tout ça pour dire que ça se passe bien, que je suis bien ici, que je me fais vraiment à Bruxelles, même si il faudrait quand même que je voie le soleil un de ces jours, parce que la pluie, la neige, le vent de sa race et l’humidité, ça commence à me les briser menu.

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11 réponses à “Ou quand ta boîte crée du possible.

  1. Rebaptise ta stagiaire avec un prénom de soumise du genre… Margaret… ou Barbe, hurle-lui au nez à longueur de journée et fais-lui faire toutes les basses besognes, ça t’enlèvera peut-être cette impression de bonnepatitude qui semble te déplaire.

  2. Acchhhh. C’est la magie de la représentation sociale.
    On s’en rend moins compte en tant qu’étudiant parce que (à part pour choper, of course) le Toi que construisent les regards des autres n’a pas réellement d’enjeux. (rhôô je simplifie, hein – y’a plein d’enjeux à ce moment là mais mmmh plus, enfin moins…;) ).
    Dans la vie professionnelle, il y en a tout d’un coup plein et si tu es open, ce toi insoupçonné qui est juste une évidence pour les autres te fait évoluer et grandir.

    « pas folle la frite », j’ai ri!

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