Après l’orage, les routes fument…

Y’en a quelques uns qui vont sûrement se demander pourquoi j’ai pas écrit ce billet plus tôt. En y repensant, je me dis que c’est parce que c’était tellement évident pour moi que j’avais même pas besoin d’en parler.

C’est une belle histoire. Une belle histoire pleine de hasard, à une époque où Internet commençait à prendre une place assez importante dans mon environnement. Il fut un temps où j’avais un mySpace, une page ouèbe sur laquelle sur laquelle je publiais les résultats de mes premières nuits d’écriture. Tout ça date un peu, donc. Narcissique à mort, je me disais que ça me plairait d’avoir du retour sur ce que j’écrivais donc j’alimentais cette page plus que de raison, avec des morceaux de phrases, des textes fleuves, des bouts de rien. Je savais pas vraiment ce que je voulais en faire tu vois. Des poèmes ou des embryons de chansons, de toute façon, les mots vieillissent très vite quand on les écrit à cet âge-là.

Bref, un matin, je reçois une invitation d’ une demoiselle qui jouait de la guitare. À l’époque, je suis curieux, je demande qu’à écouter, écouter et écouter. Je découvre vraiment la musique, je commence à comprendre ce que j’aime. J’ai beaucoup aimé, j’ai mis ça dans un coin de ma tête, sans vraiment y revenir. Et puis deux ou trois jours après, je reçois un autre invitation, cette fois-ci d’un musicien, un certain Pierre Faa. Encore un peu sous le coup de la précédente découverte, j’allume le player par curiosité.

Et là, c’est pas compliqué. Coup de foudre pour les mots, pour la musicalité, pour le piano. On échange des mails pendant quelques mois, parlant de plein de trucs, à coup de liens, d’expériences, de ressentis et puis voilà. Je découvre en fait que la musique peut-être un choix de vie, un peu une raison d’être aussi, je sais pas. L’idée de vivre en décidant de ne rien mettre de côté, de se donner du temps, de créer. Je découvre surtout l’écriture et la structure, l’importance du mot et la nécessité de le prendre comme il vient, la technique aussi. Pierre m’explique. J’arrête de vouloir écrire tout d’une traite. J’apprends à laisser maturer un texte plusieurs jours, plusieurs semaines. Je deviens presque patient. Je m’écoute.

En parallèle, je commence l’écriture automatique. J’essaie, on verra bien.

Entretemps, j’ai pris un train pour aller l’écouter à Paris un week-end d’octobre, ça fait pas loin de deux ans maintenant, je crois. Dans une toute petite salle de Pigalle, un piano, un mini-projo, une boule quartz, un guitariste.

La salle est pleine. On est 30. Le métro raisonne dans les murs de briques pendant les couplets. C’est mon premier micro-concert. Il y a des lustres un peu baroques, du thé et des gâteaux. C’est un film. De je-ne-sais-qui, mais c’est un film. Ça peut pas être pour de vrai. Il y a un rideau noir en velours à l’arrière-scène. Et la magie opère, simplement. Je me laisse cueillir. Le piano résonne et les textes m’embarquent loin, ils ont un goût d’Asie, de temple Japonais. Je sens le métro passer sous nos pieds et je me dis que je suis bien, je resterais volontiers un peu plus. Je crois que je suis pas près d’oublier ce moment, celui où je sors de la salle, il fait presque nuit. La musique m’a soulé, comme si j’avais passé l’après-midi sur une plage bien venteuse. Je suis cotonneux. Ça me plait.

J’ai repris un train, puis un autre. Et depuis, on a écrit une chanson ensemble. J’ai l’impression d’avoir fait des progrès. C’est toujours lui qui lit mes essais en premiers. C’est bien comme ça, il sait comment je fonctionne.

On attend un album courant 2010. Enfin.

En attendant, je te laisse avec le clip d’Après l’Orage – chanson qui figure sur le premier album de son groupe Peppermoon, qui fait déjà son petit bonhomme de chemin en Hollande et en Asie. C’est très sucré sans l’être vraiment, et c’est parfait pour rentrer dans l’univers de Pierre.

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5 réponses à “Après l’orage, les routes fument…

  1. Hello Henri,

    Je passe habituellement sur ce blog sans être très bavard. Pour ce billet, je me devais de faire une exception. Que d’excellents moments partagés avec Erica, Pierre, et le groupe… J’ai beaucoup apprécié me les remémorer en te lisant. 🙂

    À très vite !

    -Romain

  2. Mmmmh. Prochaine étape, chanter sur le texte. Can’t wait!

    Sinon on a fait un petit atelier d’écriture automatique samedi soir. MJe vais twitter ce soir les perles…

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