3 ans, 8000 km et 23 kilos plus tard.

Je sais, je t’ai manqué. Mais j’y peux rien, mes parents, mon frère et ma soeur (oh oh, ce serait le bonheur)(ouhlala, ce post démarre très mal) sont en Belgie depuis mardi donc je suis un peu occupé en plus de mon vrai travail (je bois plein de bière et on mange pour 4 jours en un repas).

Enfin pas vraiment puisque mes parents sont au régime. Le vrai régime. Le régime qui fonctionne. Je veux pas me la jouer blogueuse influente mais c’est quand même le régime qui a fait perdre 13 kilos à mon papa en deux mois (si j’avais le droit de faire des smileys je ferais sûrement un truc genre ça o_O), et presque 10 à ma maman.

Bon certes, ça fonctionne mais je te préviens… faut bouffer des graines. Y’a plein de trucs que t’as surtout pas le droit de manger mais une centaine de trucs dont tu peux te nourrir à volonté. Du coup, mes parents se nourrissent quasiment exclusivement de galettes de son d’avoine (oui, ça existe vraiment), de surimi et de coca zero. Donc bon, maintenant, j’ai des parents tout maigres. Mon père à pris 10 ans de moins, ma mère pas loin pareil. Je suis vachement fier d’eux.

Je suis content de voir que depuis qu’on est parti, mon frère et moi, et même si il reste ma soeur à la maison, ils continuent de faire leur bout de chemin à eux. Ils s’adaptent. Eux aussi changent de vie pendant qu’on construit les nôtres. J’avais un peu les boules qu’ils restent à se morfondre ou qu’ils s’emmerdent sans nous (égocentrisme ON), et puis non. C’est bien comme ça. Enfin, j’avais peur. Non pas vraiment. Mais bon, c’est nouveau pour eux, comme pour nous. On découvre une nouvelle vie de famille. On comprend qu’on a plus vraiment le temps de s’engueuler  – ça arrache d’ailleurs un peu la gueule de voir qu’il a fallu 3 ans et 8000 kilomètres pour que je puisse m’entendre vraiment avec mon frère. Tout le monde prend des directions différentes, en gardant ce noyau comme une constante, un background sécurisant. J’apprends à « être famille ».

Et puis, tu vois, ça me fait toujours un peu flipper, comme à chaque fois, de les faire entrer dans mon quotidien, dans ma bulle géographique. Que ce soit à Toulouse ou à Bruxelles. Je sais pas pourquoi. C’est toujours bizarre de les voir « chez moi ». Comme une espèce de violation de propriété. Enfin, c’est débile, parce que je sais très bien que je leur dois tout ça et que rien ne m’appartient. J’ai l’impression d’être hyper ingrat là. Mais bon. Je me l’explique pas. J’appréhende toujours. Je ne me demande pas (plus) si ils vont être déçus par quoique ce soit ici, j’ai pas le temps pour ça – mais je garde ça dans un coin la gorge. Les choses sont ce qu’elles sont, je suis bien comme ça. Je pense qu’ils comprennent cette espèce de complexe d’exclusivité que j’ai avec les différents endroits où j’ai vécu depuis 3 ans. Enfin, j’espère. Même si je suis loin, même si je change, même si je fais ma vie différemment, je les aime pareil.

Je crois qu’on est adulte maintenant, ouai. Ils savent qu’on fera notre bout de chemin comme on voudra. On sait qu’ils seront là, approuvant plus ou moins nos choix, observant tout ça d’un regard faussement lointain et détaché.

J’ai beaucoup de chance. J’ai des parents extrêmement fins.

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15 réponses à “3 ans, 8000 km et 23 kilos plus tard.

    • Ouai mais c’est ça l’hallu !
      C’est qu’en fait, y’a des aliments que t’as le droit de bouffer à l’infini et d’autres qui sont à peu près autant interdits que l’arme atomique à l’Iran. Je comprends pas encore trop bien pourquoi, mais je compte investiguer.

      • si tu pouvais faire ça avant l’été tu ferais bien plaisir!!
        (d’autant que j’adooore les surimis)

  1. Moi ma mère ressemble à Gertrude dans le Robin des Bois de Disney. Mais je l’aime bien quand même.

  2. C’est ça le concept de parents : on veut encore se sentir chez soi quand on va chez eux (parce que quand on y va, on reste leur enfant, et eux nos parents), alors qu’on a du mal à les intégrer dans notre appart’ (parce que c’est chez nous, un nous adulte, sans eux).

    Et sinon, je suppose qu’on a pas le droit au Nutella, dans leur régime ? Hmpf …

  3. Nous notre père à Vincent et moi, quand il fait un règime, et ben, on ne le voit plus (pas qu’il ait trop maigri hein), parce qu’il n’est plus vraiment dans son assiette, et plus vraiment très zen (alors que la zénitude, c’est sa qualité première d’habitude …). Nous on préfère quand notre père il mange du gras, met le nez dans ton assiette, goûte ton plat avant que tu aies pu le commencer, et bouffe le doigt de sa fille de deux ans, parce-qu’il voulait absolument goûter son sandwich au camembert … ils ne se rendent pas compte les parents, mais après c’est des années d’analyse pour avaler et digérer tout ça. Sinon, pour qui ça intéresse moi j’ai des collègues qui font un régime où tu ne manges que de la viande et du fromage. Plus glam que les graines et le surimi non ?

  4. et sinon moi je m’entends bien avec mon frère depuis le jour, où à 6 ans, il m’a traitée de « grosse pute ». Ouais. Respect Diego.

  5. Pingback: Jean-Baptiste Poquelin, Roger Doliprane, Albert Lexomil et leurs illustres compères. « Route de nuit…·

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