New York, I Love You – 2009

Je ne suis pas allé au cinéma depuis longtemps, pas le temps, la flemme, pas l’envie… Et puis ce soir, sur un coup de tête, je suis allé voir New York, I love You. Tu te souviens sûrement de Paris, je t’aime, et de son concept collaboratif. En 2005, 18 réalisateurs se retrouvèrent dans un seul film, racontant à leur manière un quartier ou un arrondissement de Paris.

2009, aux USA, les producteurs de Paris, Je t’aime remettent ça et confient les clés de ce film à 11 réalisateurs nouveaux réalisateurs plus ou moins expérimentés (à l’intérieur figure le premier court-métrage réalisé par Natalie Portman), du récemment révélé Fatih Akin au moins novice Joshua Marston (qui avait oeuvré pour Six Feet Under et Maria Full of Grace). Cette fois-ci, nous sommes à New York. On retrouve très rapidement le schéma propre au premier film: de plus ou moins courtes séquences avec des schémas propres. La particularité de ce volet réside dans sa structure plus « narrative » que le précédent. On lâche des séquences pour les retrouver au fil du film, ce qui n’arrivait pas auparavant. Le film frappe, et il fallait s’y attendre, par son irrégularité. C’est le principe de ce concept, c’est déjà souvent compliqué de trouver une cohérence quand on réalise seul, à alors à 11 – il faut rapidement abandonner l’objectif, même si ce système de rappels/retours permet quand même que l’on s’y retrouve à peu près.

Comme dans Paris, Je t’aime, le casting est particulièrement fourni et c’est avec plaisir que l’on retrouve des acteurs comme la splendide Julie Christie, Monsieur James Caan (que j’adore, et qu’on n’a pas l’habitude de retrouver dans ce genre de rôle) ou encore le génial Elli Wallach. J’ai été très agréablement surpris par Shia LaBeouf (qui est certainement l’acteur que je déteste le plus après Beethoven de Beethoven), dirigé par Shekhar Kapur, qui hérite d’une très belle scène avec Julie Christie, magnifiquement filmée.

De son côté, Ethan Hawke, sous la caméra d’Yvan Attal, délivre certainement le speech de drague le plus foireux de sa carrière pendant que Robin Wright et Chris Cooper jouent les fumeurs inconnus sur le trottoir d’un restaurant. Mention spéciale pour Monsieur Elli Wallach et Madame Cloris Leachman, absolument parfaits en couple d’octogénaires qui ont bien du mal avec ce foutu 21ème siècle.

Ce film est très irrégulier certes, mais il jouit d’une fraîcheur et d’une poésie qui se renouvelle au fil des séquences. On retrouve cette extravagance parfois un peu fleur bleue, un peu naïve qui fait finalement l’intérêt de ce genre de concept. L’incohérence et l’irrégularité n’est pas vraiment fatigante, on saute tranquillement d’une émotion et d’un cadre à l’autre comme pour saisir l’essentiel de chacune des situations. On sort du film avec une agréable sensation de légèreté et de sérénité – le tout bercé, il faut le dire, par une bande originale vraiment chiadée. Naïveté, mièvrerie, poésie… chacun en tirera ce qu’il veut. C’est un film qui fait du bien.


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14 réponses à “New York, I Love You – 2009

  1. J’aime bien les films collaboratifs. On avait parlé ensemble de Paris Je t’aime, j’en avais vu un autre, 11 visions du 11 septembre tournées par 11 réalisateurs d’un peu partout dans le monde. Sté beau.

    Je vais le guetter quand il sortira ici.

  2. Bon, alors y’a litige là. Parce que moi je me suis quand même pas mal emmerdé devant ce film, et il est d’autant plus problématique qu’on alterne des moments plutôt beaux (oui, je trouve aussi qu’il y en a) avec des scènes d’un ridicule affligeant.
    J’ai eu l’impression exactement inverse de la tienne en fait. Je n’ai pas du tout trouvé que les moments égarés et grossièrement raccomodés par un minette qui fait joujou avec sa caméra donné un coté poétique à la chose, j’aurais plutôt dit cucul. Je suis totalement conscient de la difficulté de l’exercice, et je pense qu’il aurait mieux valu laisser chaque chose dans son coin, ça nous aurait évité les ennuis. Parce que quand même, certaines scènes sont tout de même incroyablement bidon… Dès l’ouverture, avec Andy Garcia et l’horrible Hayden Christensen (recyclé ici en un faux Barney Stinson) qui s’affrontent dans un duel de pickpockets on sait qu’on est mal parti. Tu avoueras quand même que ça ressemble limite à une baston kung-fu dans un film de la Sho Brothers (« Je suis plus doué que toi petit scarabé! »).
    Et c’est pas fini. Sérieux, la scène avec Julie Christie quoi. Mais why ? Pourquoi tant de foutage de gueule ? On se retrouve face à un bonhomme qui pense qu’il suffit de mettre de la lumière claire, des robes blanches, des fleurs, un peu de brise et des accords de piano pour rendre une scène romantique et poétique. Pis les détails s’accummulent : la vieille et l’handicapé, l’onirisme à 2 balles… C’est de loin le plus gros WTF du film pour moi.
    Pis après on peut rajouter Orlando Bloom qui devrait définitivement changer de métier, Natalie Portman tout sauf crédible en juive intégriste, une scène avec une handicapée qui atteint des sommets de bêtise… J’arrête parce que je vais encore passer pour un pisse-froid, et il faut en garder pour le reste du match 😉
    Par contre, c’est vrai qu’on a aussi de belles scènes. Celle avec Ethan Hawke est plutôt drôle je trouve, puisqu’il est autant ridicule qu’il est sûr de lui. J’ai bien aimé celle des inconnus du bar, qui malgré des répliques plutôt foireuses atteint un certain degré d’érotisme et décrit bien une situation qu’on a tous plus ou moins vécu. Et celle de Fatih Akin ensuite, avec le peintre alcoolique, est très réussie. Elle est plutôt poétique sans être larmoyante ou niaise, mais encore une fois totalement clichée dans son sujet.
    Enfin là c’est à peu près tout ce qui me vient à l’esprit, mais de toute façon je sens q’on va un peu plus échanger das les heures qui viennent 🙂

      • ATTENTION SPOILERS

        Bon alors.

        Clairement Orlando Bloom, Christensen, Portman et Ricci, c’est pas trop possible. Personnellement, j’ai adoré Andy Garcia, mais je t’accorde tout à fait la scène à la Kung Fu Panda, ça m’a pas dérangé du tout, je me suis même pas mal poilé.

        J’ai beaucoup aimé la scène de Julie Christie et Shia LaBeouf, pas tellement pour le petit scénario finalement sans grand intérêt, mais plutôt parce que je trouve que c’est merveilleusement filmé, délicieusement désuet et que LaBeouf est contre toute attente vraiment bon. Je le trouve pas tellement poétique cet extrait, je trouve ça juste très joli en cocktail. Parce que c’est un peu le but du film, ce petits catalogues d’extravagances, de naïveté ou de mièvrerie.

        La scène du night-of-the-prom ne m’a pas particulièrement plu, même si je trouve que Caan est génial dedans et que la chute est justement hyper New Yorkaise, huhu. J’aime particulièrement la dernière photo avec les ceintures pendues aux branches, graphiquement c’est génial.

        Fatih Akin, je suis fan de tout ce qui sort de la caméra de ce type, dans tous les cas. Et Ethan Hawke, j’ai juste mourru de rire.

        Après, je n’ai aucun recul sur les films que je vois, je me souviens en avoir déjà discuté avec le Pédé, si j’ai été emballé, c’est qu’il y a une raison. J’ai vachement de mal à avoir ce sens critique en post-séance (sauf si bien sûr, le film est une daube ou ne m’a pas plu). Je pense que c’est un film qui fait du bien au moment où tu le vois, épicétout. Ce n’est pas un film à revoir 5 fois. C’est juste une bonne bouffée d’air frais.

        Et puis bon, je suis un connard de bisounours aussi hein.

      • Non mais attends, si tu ripostes pas avec un crochet du droit je vois pas bien comment on va faire non plus…

        Cette scène avec Julie Christie n’est certes pas MAL filmée. Mais mince, c’est quand même dégoulinant non ? On aurait dit une pub pour un mauvais parfum (spéciale dédicace au plan sur la vieille avec un bouquet de violette dans les mains filmée robe au vent à travers la fenètre). Et Shasha LeBoeuf, non quoi. Il nous ressort le numéro classique de l’acteur de mauvais films qui essaie de se crédibiliser avec un rôle pseudo-dramatique de brave idiot torturé. Et personnellement il m’a prouvé qu’au dela de Transformers il était vraiment dans un monde qui lui échappe.

        Pour le Night-Of-The-Prom, j’ai juste trouvé ça bête. Une chute bidon et pas drôle. Dès le début ça sent le twist à plein nez, et on est finalement déçu. Un des pires moments pour ma part, je me rappelle avoir mis les mains sur la tête à la fin de la scène…

        Alors bon, moi j’ai la critique post-séance facile (je l’ai même pendant le film, c’est dire). Elle pas toujours pertinente, souvent emportée, mais je peux pas m’empêcher de donner mon avis sur tous les aspects d’un film que je vais voir (même si j’ai pas toujours les armes pour le faire). Donc ouais, ça me rend chiant.

        Mais on le sait que t’es un bisounours sinon, t’inquiète 😉
        Mais y’a pas à s’excuser, c’est une question de ressenti. T’as le droit d’avoir kiffé le film, fort heureusement.

      • Non mais c’est pas une esquive hein.
        C’est juste exactement ce à quoi ça me fait penser.
        De grands acteurs / réalisateurs qui se laissent carte blanche, tirer à côté de la cible sans vraiment la rater. Taper même en plein dedans, des fois.

        On parle d’émotions, d’instants, tout ça.
        Je n’ai pas de raison d’argumenter « contre » ce que tu dis puisque tu l’as ressenti de cette façon là, c’est juste une perte de temps de débattre sur ce genre de choses. Les choses parviennent d’une façon tellement différente selon les gens… De quoi chercherait-on à se convaincre? Qu’on a passé finalement un mauvais moment ? Ben, je crois pas moi.

        (Bon après, je pense que ce genre de discours ne marche qu’au cinéma – le premier qui me sort ça sur la musique, je pense que je l’écartèle).

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