Les valises capricieuses.

Les jours se suivent et se ressemblent. Ça fait quatre mois, déjà. J’ai rien vu passer. Comme quand tu remplis un vase et que ça déborde. Parce qu’à un moment où à un autre, ça doit. Et que tu laisses couler, parce que finalement, c’est comme ça. Entre fatigue et résignation. J’en sais rien.

Je veux du neuf. Je veux tellement de neuf que j’ai décidé d’arrêter de fumer et de perdre du poids. Genre je me lance un défi. Genre je trouble la routine. Je crois que Montréal me manque en fait. J’y avais pas vraiment pensé depuis que je suis rentré. J’essayais de pas y penser en fait. Mais ça fait 4 mois. Si je suis le cycle, je suis sensé faire mes valises maintenant, et partir. Sauf que. Je peux pas.

Sainte Rose du Nord - Juin 2008, Québec.

En fait, on s’habitue à partir. Si. On y prend goût. On s’habitue jamais vraiment à laisser les gens derrière soi, mais on part quand même, parce que je pense qu’on s’en nourrit, de ça. De la perte de repère, de la provocation du hasard, des retrouvailles festives. Ça donne un rythme, indiscutablement. Mais c’est casse-gueule aussi, quand il faut s’installer. Ça fait 4 mois que je suis ici, j’ai l’impression d’avoir posé mes valises trop longtemps. Je m’essouffle. Et pourtant j’ai l’impression de faire des efforts, de prendre sur moi. J’essaie de provoquer la nouveauté. Et puis non. Quand ça ne prend plus, ça ne prend plus.

Je commence à avoir hâte de rentrer à Toulouse, synonyme de changement et retrouvailles avec les copains, revenus de leurs périples individuels, les valises pleines de changements. Mais je commence à flipper aussi, parce qu’il va falloir poser les valises pendant un an et demi. Je sais que ça va bien se passer, que les premières semaines vont être compliquées.

Comme à chaque fois. En fait.

C’est dingue, cette capacité que l’on a de penser qu’on peut en réchapper.

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15 réponses à “Les valises capricieuses.

  1. C’est marrant, je pensais que cet article arriverait plus tôt. Ca me rassure et ça me rassure pas en même temps ! Moi aussi j’ai la bougeote, et la trouille de défaire mes valises et la trouille de les refaire, et en même temps j’ai PAS envie de prendre racine où je suis… Les changements commencent à peine, c’est long de devenir un adulte. Courage monsieur mélomane.

    • Ben je pensais aussi. Puis dans ces cas-là, t’essaies de surtout pas comparer, parce que tu sais que le résultat va faire vraiment mal à la gueule.

      T’as vraiment intérêt à te trouver un super stage, crois-moi.

  2. C’est la galère à Toulouse, c’est dur de trouver une place en terrasse, pas à l’ombre mais pas tout à fait en plein soleil. Remarque si tu ne fumes plus, c’est moins important…

  3. Pingback: Tweets that mention Les valises capricieuses. « Route de nuit… -- Topsy.com·

  4. Cette photo est magnifique. Et le texte avec fout un peu les chocottes à mon petit coeur d’Erasmus, et de bougeuse invétérée aussi. Mon prochain pausage, c’est deux ans minimum, et ça, je veux pas y penser. Du tout. Alors voilà, juste merci pour ce texte, encore une fois (je ne fais que ça sur ton blog d’ailleurs, tu vas finir par te noyer dessous).

  5. Moi qui suis habituée à casser ma vie pour mieux la reconstruire, tout en changements affectifs, géographiques, il a bien fallu que je me calme. Les enfants, les difficultés économiques ont eu raison de mon instabilité chronique…

    Donc je crois comprendre ce que tu ressens, et t’envie d’être encore vraiment libre au final. profites-en

  6. Ca me parle bien tout ça : c’est dur de partir, de quitter tout le monde, de recommencer à zéro ailleurs mais finalement j’aime bien cette fuite en avant. Plier bagage et partir dans une nouvelle ville.

    Ca fait cinq ans que je déménage tous les 6 mois et là je suis un peu fatiguée. J’ai décidé que je m’installais, je me suis trouvé un petit coin bien agréable, mais combien de temps vais-je tenir ?

    PS: c’est nul, je peux pas écouter la musique du jour, la vidéo n’est pas disponible dans mon pays…

  7. Pingback: Dominique a. « Route de nuit…·

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