British airwaves: Kate Nash @ Bxl !

J’ai découvert Kate Nash comme tout le monde, avec son premier album Made of Bricks (2007) et le premier single Foundations, tout à fait représentatif à l’époque de la pop anglaise féminine un peu trendy, incarnée par des filles comme Lily Allen, KT Tunstall et Amy McDonald. À ceci près que ce premier album se dissocie des autres en mettant en valeur des arrangements riches et efficaces qui donnent une saveur plutôt fraîche et attachante aux mélodies.

Les textes sont particulièrement chiadés, tout en humour et en rythmique, sans pitié pour quoique ce soit. Kate Nash est une marrante nonchalante. À l’époque, elle plutôt victime du syndrome petite-fille-modèle-sage-mais-pas-trop-du-tout-en-fait, en adepte des robes pastels affriolantes et des talons flashy. Bref, Kate Nash sent bon le printemps, elle est souriante, et on sent qu’elle s’éclate. C’est donc à l’occasion de la sortie de son deuxième album My Best Friend Is You que je suis allé la voir hier soir à Bruxelles, en me demandant ce qu’elle avait bien pu préparer pour la suite. Alors bien sûr, j’avais écouté deux ou trois titres de ce deuxième album histoire de savoir un peu où j’allais, donc je savais déjà que ce concert allait être surprenant.

Il est 20 heures. Jardin Botanique de Bruxelles, toute petite salle, nous ne sommes pas plus de 200. Bon, soyons honnête, la première partie est carrément insignifiante. Trois irlandais de 18 ans, du rock de garage qui sent le vieux pas bon, un chanteur à peu près aussi charismatique qu’un grille pain et des textes qui tiendraient sur un timbre poste. On passe.

Kate Nash monte sur scène. Grosse surprise. Métamorphose totale. Finie la jeune femme en robe / talons / bouclettes et rouge à lèvres pleine de fraîcheur et de naïveté. Place à la frange droite noire de jais, maquillage noir jusqu’au sourcil, rouge à lèvres rouge comme son nom l’indique. Elle apparaît dans une espèce de combinaison bleu et jaune flottante plutôt carrément informe. Concrètement, Kate porte un Babygros un peu customisé. On va dire.

Au niveau des musiciens, elle est accompagnée de son batteur, d’un synthé, d’une guitare et d’une basse, ce qui promet quelque chose d’assez costaud au niveau du son. Les premiers morceaux qu’elle chante sont fortement inspirés du premier album, elle reprend notamment Mouthwash et Foundations au milieu de nouveaux titres comme Do-Wah-Doo et Later On. Globalement, elle donne un peu l’impression de s’ennuyer et le feeling ne passe pas vraiment, jusqu’à ce très joli moment à la guitare où elle chante I Hate Seagulls, qui selon moi, est un titre phare de l’album. Dans son genre. Parce qu’à partir de ce moment-là, le concert change complètement de physiologie.

En fait, Kate Nash, c’est une punkette indie qui s’ignore pas tant que ça, et elle nous le fait bien savoir. Les chansons fraîches un peu folk, elle aime bien, mais on sent bien qu’elle a pris un virage et qu’elle veut nous le montrer. La batterie et la guitare prennent dès lors un place prépondérante, et Kate s’éclate sur des titres comme Mansion Song qu’elle fait durer. Le virage est radical, on dirait presque du Björk. Et ce n’est visiblement pas pour nous déplaire parce que ça fonctionne, elle est complètement crédible.

Je me souviens donc d’un concert en demi-teinte, un peu difforme, un peu incohérent mais finalement plutôt plaisant et surprenant. Bref, c’était un bon moment, même si j’aurais adoré qu’elle reprenne Nicest Thing qui pour moi, est un de ses meilleurs titres.


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10 réponses à “British airwaves: Kate Nash @ Bxl !

  1. Et pourquoi n’as tu pas mis les photos en illustration?

    Bon en tous cas je vais aller écouter l’album, ca donne envie

    • Parce que pour la taille à laquelle je les voulais, la résolution était dégueulasse. J’ai essayé de les mettre en header du post et franchement, ça faisait mal aux yeux… La faute de l’iPhone, je pense.

  2. « Au niveau des musiciens, elle est accompagnée de son batteur, d’un synthé, d’une guitare et d’une basse, ce qui promet quelque chose d’assez costaud au niveau du son. » : euh, c’est un peu la base de chaque groupe. Alela Diane a exactement la même configuration scénique et ce n’est pas pour autant que le son est « costaud ».

    « Les premiers morceaux qu’elle chante sont fortement inspirés du premier album, elle reprend notamment Mouthwash et Foundations » : pas franchement de l’inspiration, juste qu’elle reprend les morceaux de son premier album non ?

    • C’est complètement classique oui, mais vu la taille de la scène et la taille de la salle, ça faisait du monde sur scène, donc c’était plutôt chargé. Et puis en connaissant Kate Nash, on l’a quand même rarement vue jouer live avec un triangle et une flûte à bec hein… C’est pas Stacey Kent. On sait qu’il va y avoir du son.

      Sinon, y’a vraiment deux parties dans l’album. Une partie qui ressemble vraiment, mais alors vraiment au premier album et une autre qui est complètement différente, pendant laquelle on a limite l’impression d’avoir une Izia sur scène. La première partie concert, elle a casé tous les morceaux qui ressemblaient vraiment à Foundations, Nicest Thing etc… d’où le « inspiré », enfin bon…

  3. Comme pour les New Pornographers, je suis dé-goû-tée de ne pas avoir pu y assister…

    Ton compte-rendu donne vachement envie.

  4. Je l’ai vue @ La Cigale le 1er juin, et je dois dire que j’en suis toujours scotchée. Comme toi je n’avais écouté le deuxième album que rapidement, mais j’avais rapidement flashé sur « I Hate Seagulls ». Contrairement à ton expérience à Bruxelles, l’ambiance était présente dès les premières notes du concert, ou alors c’est l’effet 2ème rang à 50cm de la scène. Toujours est-il que pour moi, il n’y a pas eu de temps mort. Sauf peut-être quelques silences d’entre-chansons/réglages-de-son qu’elle était apparemment gênée de combler, pour moi elle était juste tellement-mimi-que-t’as-envie-de-la-mettre-dans-ta-poche.
    Et c’est là que tu vois effectivement l’énorme décalage. Ce petit personnage tellement cute se transforme en bête de scène punk qui finit le concert debout sur le synthé. Elle a une énergie de dingue. Elle nous fait chanter comme des tarés pour entamer 2min plus tard « I Hate Seagulls » et nous faire taire complètement, un silence de cathédrale en dehors de sa guitare et de sa voix. LE moment magique du concert. Et ensuite, effectivement, elle envoie du lourd et finit debout sur le synthé.
    Comme toi, un peu déçue de n’avoir pas entendu « Nicest Thing ». Mais je suis sortie de ce concert complètement amoureuse de Kate Nash.

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