La mécanique de l’échéance.

Comme un coup de calcaire.

J’ai jamais vraiment bien compris d’où venait cette expression. Ça m’évoque l’explosion, la panne soudaine, celle qui prévient pas. J’aime déjà pas l’été pour plein de raison, mais celui-ci va avoir une saveur particulière, parce que peut-être plus que d’habitude, c’est un été de transition. Comme tu le sais, je suis plutôt nul en transitions.

J’aime pas le vide. J’aime pas la patience. J’aime pas le rien. Ça fait un an que je vis à mille à l’heure et je me rends compte que je m’y suis habitué. Toi je sais pas, mais moi, j’envisage la vie comme une succession d’échéances. Dès qu’une échéance est passée, je m’accroche à la suivante comme à un train pour avancer. Pour autant, je pense que je sais profiter du moment présent, à ma manière. La musique, ou une rencontre toujours là pour rompre la valse.

La prochaine échéance est dans deux mois. Et quand je regarde derrière moi et que je relis mes premiers posts, j’ai l’impression que deux mois, c’est une vie. Vu la vitesse à laquelle les échéances, les étapes, se sont succédées – deux mois, c’est juste synonyme de changement radical. Alors quand je me dis que maintenant, je vais devoir mettre le stand-by pendant si longtemps, jai l’impression de pas être capable. Attendre le mois de septembre pour être sûr d’être pris dans le master de mon choix, attendre septembre pour savoir si finalement cette année a bien eu un avant-goût d’avenir. Je sais plus trop où je suis. Si. Je suis rentré chez moi. Au point de départ.

Je ne pourrai jamais vraiment leur raconter ce que j’ai vécu là-bas, je leur dirai de me lire, ça ira plus vite. Pourtant je voudrais pouvoir leur dire, à ceux d’ici, combien c’était enrichissant et combien je pense qu’on devrait tous avoir le droit de mettre les voiles pendant un an. Je voudrais pouvoir leur dire aussi, combien il est difficile de rentrer. Certes il y a le plaisir, celui de revoir ses proches, de retrouver des rues, de voir que les choses ont changé. Il y a aussi l’amertume. Qui est là, alors que personne ne l’a appelée. L’amertume qui aurait un goût d’insulte pour les gens qui m’ont attendu. L’amertume qui aurait un goût de traîtrise, comme un pied de nez à la reconnaissance. L’amertume qui aurait sa place, dans un coin – qu’il faut planquer un peu tout en rebondissant. L’amertume nourrie doucement à l’impatience.

J’aimerais savoir attendre. Ça doit être bien, des fois.

« Un jour, je prendrai des trains qui partent. »

Nicolas Briançon

Prendre des trains qui partent. C’est une drogue. La première fois a souvent ce goût de j’y-reviendrai.


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9 réponses à “La mécanique de l’échéance.

  1. Et si tu profitais de ces deux mois pour tester tes nouveaux super pouvoirs Peter Parker? Tu as découvert ton talent pour l’écriture, ton oeil avec son filtre poétique sur les choses. Tu as deux mois pour créer ton costume de super héros

  2. Moi je crois que ce moment de rien va te surprendre et t’étonner… Ce ne sera donc plus un « rien »…Et les trains finissent toujours par partir…C’est ce qui est merveilleux…

  3. « Si je veux me préparer un verre d’eau sucrée, j’ai beau faire, je dois attendre que le sucre fonde ».
    [Henri Bergson]
    Extrait de L’évolution créatrice

    Deux petits mois pour laisser fondre le sucre de l’évolution créatrice, ça vaut le coup, non?
    Le problème avec la patience, c’est que devenir patient demande… de la patience!

  4. « L’amertume qui aurait un goût d’insulte pour les gens qui m’ont attendu.  »

    T’as failli me faire chialer là.

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