Richard W. ou les folies simples.

Ça fait longtemps que je veux te parler de lui, pas tellement pour sa musique. Plutôt pour la façon qu’il a d’en parler. J’ai découvert ce type il y a longtemps au hasard de je-ne-sais-plus quelle occasion et mon oreille a immédiatement tilté. Il vit dans une bulle avec son chat et deux ou trois chanteuses irlandaises un peu paumées qui se lanceront peut-être un jour, et encore, rien n’est sûr. Ce personnage m’intrigue. La première fois que je l’ai vu, il parlait de ses rêves, de sa façon de les retranscrire en musique voire de s’y réfugier.

« La musique, c’est un serre-livre qui me permet de tenir en place. J’ai eu des hauts et des bas, comme tout le monde, mais je suis arrivé à un moment de ma vie où j’ai compris qu’il vaut mieux avoir les pieds dans l’eau, plutôt que sur la plage. Parce que c’est dans l’eau que les chansons nagent.

J’ai une dette envers les mots. Ils ont été et seront toujours là. J’ai des étagères qui débordent de livres inachevés. Mais qui n’en a pas ?

Et quand je vais dormir, je rêve parfois que je nage dans l’estuaire, celui qui est juste à côté de la maison de mes parents. Parfois je rêve de mon chat Martha, chantant comme Stina Nordenstam… ou simplement de très grandes chaussures. […] . Je veux aller aux États-Unis, acheter un costume trois pièces, des chaussures et un chapeau de chez Goodwill et me faire tous les Dairy Queens ». [ndla: Dairy Queens est une chaîne de fast-food Nord Américaine].

(Tentative de traduction par mes soins d’un texte de son mySpace)

Et puis il s’est mis à chanter et quelque chose s’est clairement passé. Ce type a la capacité de tapisser tous les murs de la pièce d’un velours fin, et de t’embarquer dans des coins assez insoupçonnés. Fin musicien, il manipule parfaitement la légèreté et l’intensité au fil des refrains. Comme une espèce de force tranquille, les mélodies sont là, souvent très efficaces. Les textes sont ciselés, racontant nos histoires de tous les jours. Et je pense que son pouvoir est là. Avec ses mots, il transforme les scènes quotidiennes en moments d’une importance primordiale. Et puis il se pose des questions. Il s’interroge sur le poids des mots, sur l’intérêt du partage, sur l’exil. Il s’interroge sur les relations humaines, à quoi servent-elles si c’est pour que nous passions notre temps à nous torturer ou à balayer les coins de grenier pour retrouver une pelle-poussière de confiance en soi?

C’est de la musique parfaite pour faire le vide et se poser les bonnes questions.

Lui, c’est Richard Walters.

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4 réponses à “Richard W. ou les folies simples.

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