Ext. du domaine de la fuite

Dis, que se passe-t’il quand la violence est orpheline ? Quand elle n’a pas de cible, qu’elle voudrait juste s’exprimer, comme ça. Sans contexte. J’ai pas trop l’habitude de ressentir ce genre de choses. Je n’aime pas la violence, je la fuis. Plus exactement, je l’évite. Je mets en scène son étouffement. Que se passe-t’il quand on ne sait pas quoi en faire ? On écrit, on hurle, on fait de la musique, on peint des kilomètres, on frappe des sacs de sable ?

Ces derniers temps, j’ai un truc dans la gorge. Un truc irrépressible et dormant, en forme de peur, d’excitation et de désorientation. Un truc dont je ne sais pas vraiment quoi faire, qui cherche à s’extirper. Le seul problème, c’est que je ne sais pas pourquoi, contre quoi ni contre qui. Je crois que j’ai peur, et que je fais diversion. J’ai peur, pour la première fois, de ne pas pouvoir mettre de mot sur quelque chose, puisque je ne la comprends pas. J’arrive pas à analyser cet évènement. Et c’est comme si l’écrire n’y changeait rien.

Je n’ai pas fait grand chose depuis maintenant deux mois. Je l’ai suffisamment écrit, je n’aime pas cette sensation de stand-by, en plus, je me répète. En parallèle, j’ai très peur de recommencer. Peur d’enfin apprendre ce métier que j’ai toujours voulu faire. Peur de regagner les bancs de l’amphi, de redevenir un élève, un étudiant. Peur, surtout, de devoir affronter la critique, d’avoir fantasmé un chemin de vie, d’un jour peut-être me rendre compte que je me suis trompé. Pourtant, je suis convaincu que ce moment n’arrivera pas, mais il reste là comme un couperet. Souvent, il me reste un peu trop de naïveté. De celle qui me dit qu’un jour je gagnerai ma vie en écrivant. Juste en collant des mots, les uns après les autres, comme ça, de rien. Souvent, je me dis que je devrais arrêter, parce que la chute ne sera que plus dure. Pourtant, pourquoi pas. Mais ce sera compliqué, et la complexité, c’est épuisant. Je voudrais l’immédiat, que tout fonctionne tout de suite. Que la gestation prenne fin. Je veux toujours tout, trop vite. Et je m’épuise.

Je voudrais deux ou trois certitudes à propos de cette nouvelle vie.

Après, je me débrouille.

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15 réponses à “Ext. du domaine de la fuite

  1. Comment parler sur un billet aussi tranchant et touchant à la fois (ouais, les deux) ? Je ressens un peu la même chose que toi, sauf que moi j’en suis même pas au stade ‘je veux faire du journalisme mais et si je me trompais ?’, plutôt au stade ‘ouais ça serait sympa mais j’ai tellement pas confiance en ce que je fais que même pas je m’autorise à essayer’… Ce que tu écris est bon, tu m’émeus (meuh) à chaque fois, j’aime et je sais que je suis pas la seule. Et j’imagine à quel point ça doit être stressant de retourner sur les bancs de l’IEP après tout le chemin fait dans la tête…
    Tout ça pour dire que courage, je t’envoie des bonnes ondes, prends deux whisky et va te coucher, monsieur l’étoile.

  2. Le truc dans la gorge c’est un début d’angine !! 🙂
    c’est quand on est dans le doute que l’on se pose les bonnes questions tu sais bien…et puis vouloir que les choses arrivent « tout de suite » c’est un truc de ton âge…..donc tout va bien !!
    tu es sur le bon chemin j’en suis certaine.

  3. Le doute, c’est ce qui permet d’avancer dans la vie. parfois, cela peut devenir une angoisse, mais si on parvient à passer l’obstacle, on peut se réjouir d’avoir gagné en force de caractère, en personnalité, en confiance en soi.

    En tout cas, c’est ainsi que je continue à grandir. Le gars pas mal associal et complexé de mes 20 ans est toujours en mutation aujourd’hui, pour du mieux je trouve.

    J’espère que tu connaitras ce même chemin, tu sembles plus avancé que moi au même âge. Tu iras donc probablement plus loin.

    J’espère ne pas trop faire vieux con de 38 ans.

  4. Bon, parce que c’est toi, je veux bien te donner une certitude sur cette nouvelle vie : ce sera celle que tu as choisie, c’est déjà une chose dont tu peux être très fier.

  5. C’est marrant, ça me rappelle quelqu’un…

    Je te comprends ô combien. Mon plus grand ennemi, c’est le doute. Je crois que ya pas mal de choses que je n’ai pas faite parce qu’il a eu parfois raison de moi. Et même maintenant, il essaie en permanence de bosser aux projets qui comptent pour moi. Il s’appuie sur les faiblesses dont j’ai conscience. Mais il déforme la réalité.

    Ce qui le nourrit, c’est que la certitude absolue est impossible et que les tâches à venir semblent gigantesques. A part s’appuyer sur le désir intime de ce que l’on veut faire et le faire petit à petit, au jour le jour, en évitant « de regarder en bas », je n’ai pas de solution. Encore m’a t’il fallu dix ans pour en prendre conscience. Mais bon, je ne suis pas un exemple : je suis un peu lambine.

  6. alors tu sais , les doutes on les a toute sa vie , avec des moments plus ou moins durs. C’est normal, tu es à un tournant mais aussi on a le droit de se tromper ou d’hésiter rien n’est définitif. Je ne connais personne qui sait dire précisément ce qu’il fera dans quelques années…pour ma part je devais me retrouver derrière un guichet dans une pharmacie( théoriquement la mienne…) et tu sais ce que je fais depuis 12 ans ça n’a rien à voir. Si tu fais le point dans une ou deux semaines et tu n’écriras pas la même chose…

  7. Même si la route est sinueuse et remplie de nids de doutes, même si tu t’en écartes, tu y reviendras toujours.
    Et si tu choisis la direction  » courage fuyons » , elle reviendra vers toi…
    Faudrait penser à changer la voiture pour un 4×4. C’est ce qu’il faut pour les traversées de déserts.

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