Le fantôme du requin.

On ne dit jamais qu’on a peur parce que si on a peur, on n’est pas fort. Normalement, on s’en tape d’être fort, parce que ça ne veut rien dire. Sauf à propos de la peur. Parce qu’elle a ce pouvoir dont peu d’autres émotions disposent. Elle paralyse.

Le problème avec la peur, c’est qu’elle provoque des réactions si différentes que c’est probablement la chose la plus difficile à gérer. Certains seront euphoriques, hystériques, traceront les yeux fermés pour l’esquiver. L’évacuer. Minimiser son temps d’effet. D’autres la subiront, douteront, se poseront des questions. D’autres encore la refuseront, en prévenant toute situation susceptible d’en générer. D’autres finalement créeront un monde dans lequel le risque 0 n’est pas une utopie. Contre la peur, on a inventé bien des choses: les religions, le courage, l’audace, les certitudes, les TOC, la police, les médicaments, les grigris… On la cache de sorte qu’elle ne s’exprime jamais. De sorte qu’elle soit inopérante. On la range dans un coin si noir et difficile d’accès qu’elle a tout le temps de s’y développer. Surtout ne pas en parler. La peur, c’est pour les autres.

Quitte à ne plus avoir peur, autant devenir fou.

On a toujours envisagé la peur comme quelque chose de menaçant. On a donc oublié que c’est une force motrice, une invitation au dépassement. Le courage n’existe pas, contrairement à la curiosité, l’envie ou l’instinct. Quelque part, on pourrait donc l’envisager comme quelque chose de prometteur, comme une prolongation de la route. L’expérience prouve chaque jour que les impasses sont toujours pleines de prudence.

Pendant qu’il suffit à certains de parler de leur peur pour l’éradiquer, d’autres mettent au point des stratagèmes quasi-pathologiques pour la surmonter.

En oubliant que ce n’est pas le vide qui fait peur.

Mais l’idée qu’on s’en fait.

« Tell me now, is there difference

Between a shark, and the ghost of a shark ? »

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2 réponses à “Le fantôme du requin.

    • C’est le fameux mythe du cercle vicieux, l’ombre du requin. C’est un exemple que certains auteurs de psycho utilisent pour expliquer la paranoïa… Tout se joue là.

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