En suivant ceux du Nord.

Il y a des albums sur lesquels on tombe par hasard, qui viennent de nulle part et qui s’accrochent à vos oreilles sans ménagement. C’est le cas avec Philarmonics d’Agnes Obel, sorti le 4 octobre dernier. Agnes Obel est danoise, elle a grandi dans une famille de pianistes qui écoutaient Satie, Bartok, Debussy et… Joni Mitchell. Elle vit depuis 4 ans à Berlin, là où la jolie histoire a commencé. Agnes Obel a enregistré quelques chansons qu’elle a postées sur mySpace et l’une d’entre elles, Just So, a été repérée et a fini par habiller la publicité d’une marque de téléphonie mobile très connue outre-Rhin. S’en suivit une signature chez PIAS (le label de Morcheeba, CocoRosie et An Pierlé notamment) et un premier album en forme de voyage, bercé par les vents du Nord.

L’écoute de cet album prend du temps parce que même si il ne comporte que dix titres, l’envie est à chaque fois la même : revenir à la piste précédente. On pense souvent aux prestations de Lykke Li en écoutant cet album tant il se dégage cette même atmosphère propre aux artistes du Nord, cristallisée grâce à des harmonies profondes, des voix légèrement reverbées et des arrangements discrets mais captivants. Puisqu’on parle bien d’attraction. La musique d’Agnes Obel incite l’auditeur à abandonner toute résistance pendant que ses valses hypnotisent autant qu’elles interpellent.

Les chansons d’Agnes Obel reflètent parfaitement le savoir-faire de ces artistes nordiques. Que l’on parle de Björk, de Lykke Li, d’An Pierlé ou des islandais de Sigur Ros, leurs univers gravitent autour d’un grand desert gelé, réchauffé au feu de la cheminée sur lequel il neige en fins flocons. Il se dégage une espèce de sobriété, pleine de classe et de retenue de la musique de certains d’entre eux. Quand ce n’est pas au service d’une profondeur quasi-spirituelle ou d’une pop fleurie et euphorique, leur musique s’aventure fougueusement sur le terrain de la folie. Pas de la folie douce, celle qui explose à grands coups d’orchestre philharmonique, de hurlements ou de samples enivrants.

Est-ce une question qui dépasse la musique ? Est-ce qu’au contraire, ça vient d’une douce alchimie entre puissance, énergie,  douceur et délicatesse ? Peu importe. Toujours est-il que leur musique est déroutante, tant elle arrive à cibler et à déterrer ce que nous essayons de cacher. L’abandon, la peine, l’angoisse et l’euphorie.

La bestialité.

Les gens du Nord connaissent la poésie de l’excès.

Vous pouvez écouter l’album d’Agnes Obel sur Deezer.

 

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6 réponses à “En suivant ceux du Nord.

  1. La nuit.
    Un volet qui claque quelque part dans la rue.
    Un poids au fond du ventre, une boule dans la gorge.
    Une musique qui brise l’épaisseur du silence.
    Une mélodie cristalline qui s’insinue jusqu’au plus profond de moi.
    Et le flot de mes larmes qui jaillit enfin.
    Merci Henri.

  2. Pingback: Les yeux dans les yeux. (ou quand l’Islande nous montre peut-être le chemin). « - Route de nuit -·

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