King Creosote and Jon Hopkins – Diamond Mine (mars 2011 – Domino RecordCo)

Se souvenir des belles choses.

Diamond Mine, c’est l’histoire d’une rencontre entre Kenny Anderson (aka King Creosote) et Jon Hopkins. Une rencontre entre la folk d’un écossais écorché vif qui a déjà sorti près de quarante albums, et un londonien connu internationalement pour la qualité de ses arrangements (il a notamment travaillé avec Imogen Heap et le chorégraphe Wayne McGregor).

« Je n’admire jamais tant la beauté que lorsqu’elle ne sait plus qu’elle est belle. » André Gide in Les nouvelles nourritures

Ce disque aurait pu être un film, ou une photographie. Une gravure d’époque qui eu figé dans le temps les visages des habitants de Fife, dont est originaire King Creosote. Fife est un petit village d’Écosse, posé là, entre les caprices de la mer et des vallées qui s’étendent jusqu’à l’horizon. Un village qui doit avoir le charme des clichés qui accompagnent ces gens, dont l’anglais est parsemé d’intonations qui sont propres à leur région. C’est d’ailleurs la première chose que l’on écoute de cet album, l’accent écossais de la serveuse de ce café, sur le port d’Anstruther. Et le film démarre, sur le piano d’Hopkins qui donnera le ton de l’album. Ce sera mélancolique, humble et brut. Ils parlent du réel. Et nous sommes avec eux.

Vient la voix de King Creosote, qui rappelle à chaque fois celle de ces musiciens de folk qui créent des univers en l’espace de deux mots. La particularité qui unit les deux artistes, c’est l’amour qu’ils partagent pour le son et les enregistreurs. Alors que Kenny enregistrait sa soeur quand elle apprenait à parler, Jon passait des journées entières dans les champs pour saisir le bruit du blé qui plie sous la brise. On retrouve ces extraits qui parsèment les morceaux, faisant de Diamond Mine un endroit familier. Une mine qui ne serait pas si obscure – dans laquelle on s’isolerait ces soirs où le monde semble faire trop de bruit.

Ce disque est désarmant de délicatesse. Les instruments des deux artistes s’entrechoquent au ralenti, sans que l’un d’eux prennent jamais le pas sur les autres. Leurs identités ne se superposent pas, elles se conjuguent au profit d’un équilibre et d’une harmonie bouleversante. Chacun des morceaux est inscrit dans une continuité presque trop évidente, qui contribue à faire de ce disque une véritable oeuvre musicale cohérente. Diamond Mine est un choc, une parenthèse fine et émouvante, d’autant plus émouvante qu’elle ne le revendique pas. Un bijou sorti sur le label de Pavement et d’Eliott Smith.

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2 réponses à “King Creosote and Jon Hopkins – Diamond Mine (mars 2011 – Domino RecordCo)

  1. Quand les nuits sont difficiles à passer, je sais que je peux toujours me réfugier chez toi, au creux de tes musiques. Merci Henri.

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