Sweet Mother Logic (ou les deux visages de Montréal)

C’est une ruelle sombre. Courte et étroite. Et pourtant c’est un monde. Ce serait Montréal et son métro Laurier quand ce n’est pas encore l’hiver. Quand il ne fait pas encore nuit, à peine. Ce serait le petit square de derrière la station, avec ses dealers d’herbe. Et la balançoire. Ce serait la vie comme elle est quand tout semble changer autour de vous. Acide, rugueuse, et terriblement excitante. Vers l’espace de l’inexpérience et de l’incertitude. Ce serait comme devenir autre chose.

Je me souviens de Montréal, j’y ai vécu pendant six mois. Je me souviens de cette dualité. De ce sentiment que la ville pouvait incarner deux états psychologiques complètement différents pour l’étranger que j’étais là-bas. D’une part la joie constante de rencontrer des hommes et des femmes aux parcours incroyablement épiques – d’autre part le sentiment d’être loin de tout et proche de rien, les stigmates d’une parenthèses qui devrait se finir bien trop tôt. Je me souviens de ce prologue à la vie future. Moments de spleen aussi intenses que le plaisir extrême accordé par la liberté d’être par soi-même quelqu’un, avec un caractère, une personnalité et la rage de connaître demain. Montréal me manque souvent.

La musique de Sweet Mother Logic, c’est tout ça. Leur album a été enregistré à l’Oscar Peterson’s Concert Hall, dans l’université de Concordia où j’ai souvent été faire la fête. Le post-rock qui se cherchait un peu depuis quelque temps a trouvé de nouveaux ambassadeurs. Leurs morceaux conjuguent la joie, l’entrain et l’insouciance en laissant souvent place à ce que l’adolescence à de propre : la nostalgie du rien. La nostalgie de quelque chose que l’on ne connaît pas. Leur musique n’est pas de la musique pour adolescent au sens où l’on peut souvent le lire ou l’entendre. Elle rappelle souvent cet état, ni plus, ni moins. Chacun un re/trouvera des choses, des humeurs, des envies.

11 morceaux pour une seule histoire.

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3 réponses à “Sweet Mother Logic (ou les deux visages de Montréal)

  1. Une certaine idée de la vie, et de la bande son qui va avec, une musique pour ceux qui s’attachent tous les jours des poids de réalité aux pieds pour s’empêcher de flotter au dessus de leur corps. Une fresque musicale qui tombe à pic en ce qui me concerne. La trompette et l’intensité de la fin de Funch m’ont rappelé les autres montréalais de Torngat et leur cor…Tout l’album est bon en plus de ça. Merci.

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