Claire Diterzi, l’Incandescente

Claire Diterzi, qui avait triomphé en 2008 avec son album Tableau de Chasse, s’est installée en mai dernier au Théâtre du Rond Point à Paris pour présenter son nouveau projet. En ce mois d’octobre, elle fait escale à Toulouse pour deux dates au Théâtre Garonne. Retour sur un objet théatro-musical non-identifié.

C’est en compagnie du metteur en scène du Théâtre des Lucioles, Marcial di Fonzo Bo, que Claire Diterzi a monté ce nouveau spectacle librement inspiré de la vie de Rosa Luxemburg, militante communiste et spartakiste assassinée en 1919.

La chanteuse, dont le dernier album s’intitule Rosa la Rouge, propose donc un spectacle pour le moins surprenant. Ponctué de monologues et de soliloques, le concert est minutieusement mis en scène et utilise tous les supports audiovisuels imaginables. De longs rideaux blancs sont tendus de part et d’autre de la scène pour accueillir des courts-métrages propres à chacun des morceaux. Des rambardes de néons éclairent différents plans de la scène, donnant une superbe impression de profondeur. Le décor est très industriel, très métallique. Comme la musique de Claire Diterzi, finalement.

Extravagante, intriguante, explosive, la chanteuse à la chevelure rouge utilise jusqu’aux lattes en acier de la scène en guise de percussions. Lisant quelques extraits de lettres de Rosa Luxemburg expédiées depuis sa prison, Claire Diterzi évoque les idéaux, l’insouciance, la joie euphorique propre aux révolutionnaires de l’époque à l’aide de morceaux à la fois énergiques et émouvants.

Incandescente, la mise en scène fait feu de tout bois. Rien n’est inutile, aucune fioriture. Tout est brut, dénudé, terriblement réel. Claire Diterzi propose une révolution spontanée, sur fond de chants aux vibrations presque telluriques. Le spectateur assiste à une tempête, une alerte grand-frais, dont il ressort saoulé. Saoulé parce qu’encore enveloppé dans une bulle hors d’atteinte, à l’intérieur de laquelle sévit une révolte enivrante. Un véritable moment de spectacle vivant qui restera dans nos mémoires, après un court set électro absolument superbe en guise de point final.

Mention toute spéciale pour le sublime rappel durant lequel Claire Diterzi reprend Madame Rêve, chef-d’-oeuvre de Bashung, à la perfection.

(Prochaine date : 5 octobre – demain – au Théâtre Garonne à Toulouse, de 17 à 28 euros).

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