REPORTAGE – Fnac Live : Broadway, Rover, Alt-J, Dominique A et Arthur H

Samedi dernier, c’était déjà la troisième journée du festival Fnac Live, sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Au programme : de l’éclectisme avec Rover et B R Oadway, de la performance avec Dominique A et Rover, de la magie avec Alt-J et de la classe avec Arthur H. Récit. 

On commence ce samedi avec les Français de B R Oad Way. Il n’y a pas foule sur la place de l’Hôtel de ville, mais l’espace se remplit doucement. La grisaille parisienne des derniers jours a laissé place au soleil et à la chaleur. Dès le premier morceau, on est agréablement surpris par leur pop fraîche et enthousiaste. Parfaite pour permettre au public de rentrer doucement dans le bain de la série de concerts que promet la soirée. Leur set prend de l’envergure à partir du troisième morceau, « Japanese Supertrain« , énergique et entêtant au point que l’on se surprend à fredonner avec eux le gimmick « Run for your life ». Ils révèlent tout leur intérêt sur le dernier morceau « Solo System Revolution« , qui est aussi le titre de l’album, entrecoupé de malencontreux larsen qu’ils arrivent parfaitement à gérer. Une belle entrée en matière.

On attendait de revoir Rover depuis longtemps. On se souvenait de sa voix grave et agile en tête, de ses longues plaintes et de ses jolis textes. La chaleur commence à se faire dense sur le parvis de l’Hôtel de Ville, et l’on se demande comment il va tenir sous son blouson de cuir. Premières notes, le charisme de Rover fait son effet immédiatement. Les basses sont rondes et généreuses, l’orgue Hammond qui s’invite parfois rajoute à la dimension intimiste que prend le set quand il s’installe au clavier. Même si on sent une certaine prévention, ou une timidité, l’énergie de Rover en live n’est pas sans rappeler celle de Samuel Herring des Future Islands. La prise de risque vocal en plus. Ce set est un vrai plaisir, d’autant qu’on sent que le public est curieux et à l’écoute.

On parle d’eux partout depuis six mois, depuis qu’ils ont littéralement retourné le web avec leur pop presque mécanique et sophistiquée. Les Anglais d’Alt-J entament ce début de soirée en proposant certainement un des sets les plus attendus du festival. Et ça fonctionne immédiatement. Leur musique relève de l’artisanat au sens noble du terme. Du clavier aux percu, de la basse à la guitare, des harmonies chiadées à la voix si spéciale du leader, chaque son est posé avec une précision d’horloger. Alt-J nous plonge dans une phase de concentration et de lâcher-prise surprenante. On a l’impression d’une grand messe solennelle dont le point d’orgue est « Matilda« , inspirée du film Léon avec Jean Reno. À ce moment précis, les nuages foncés contrastent avec la lumière du soleil, dans un joli clair-obscur. Alt-J est sans aucun doute la première grosse claque de cette journée.

Alt-J (c) Nicolas Brunet

On passera sur Revolver qu’on a loupé à cause d’une discussion qui s’est prolongée pour passer directement à Dominique A. Son dernier album « Vers les lueurs » est probablement le plus démocratique des dix enregistrements qu’il a sorti, ce qui ne l’empêche de comporter son lot de pépites. Le set commence avec « Contre un arbre« , une parfaite entrée en matière tant ce morceau fait état de l’étendue de la palette de la formation réunie par Dominique A. Les vents de l’album ramenés pour l’occasion jouent au chassé-croisé avec les guitares de Thomas Poli et la sublime basse de Jeff Hallam. Viennent ensuite des morceaux comme « Parfois j’entends des cris« , « Close West » ou encore « La Possession« , pas transcendants sur l’album, mais terriblement forts sur scène. Dominique A finit son set sur « Ce geste absent« , et sur le désormais mythique « Convoi« , qui dure plus de huit minutes et met tout le monde d’accord.

Dominique A et Jeff Hallam (c) Nicolas Brunet

Arthur H, avec le talent qu’on lui connaît n’a pas mis longtemps à électriser le public désormais nombreux. S’installant au piano, il ouvre son set par « Ulysse et Calypso« , issu de son album « Baba Love« . Rapidement, la foule chavire avec la mélodie. Il en faudra peu à Arthur H pour marquer la scène de sa voix rauque et sensuelle, et de ses rythmes frôlant le funk. L’assemblée est définitivement conquise quand il cède à sa douce folie, glissant sur les paroles délirantes de « Le Paradis, il est chinois« . Energique, magnétique, « Prendre corps » nous tient en haleine pendant huit minutes d’une sensualité totale. Un moment de grâce à l’image d’un concert où maîtrise de la scène côtoie l’énergie débordante et sincère d’un chanteur hors-pair. On salue Don Rimini en dernière partie de soirée, qui a eu le mérite de faire danser la foule, sans que l’on soit vraiment convaincu, c’est pourquoi l’on ne s’attardera pas.

En bref, une belle journée au Fnac Live : des surprises, de belles émotions, de la performance et de la qualité. Un très bon moment.

Un grand merci à Nicolas Brunet pour ses superbes photos. 

Le report d’Arthur H est signé Émilie Flechaire.

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