REPORTAGE – Fnac Live : Mensch, Liz Green, Ewert & The Two Dragons, Carmen Maria Vega, Tryo

C’était le dernier jour du festival Fnac Live, et on y était. Parmi les sets les plus attendus, celui de Mensch dont on entend de plus en plus parler, celui de Liz Green qu’on a vendue comme l’héritière des meilleurs musiciens de jazz et de bayou et finalement celui d’Ewert and the Two Dragons. Récit. 

Pour ce dernier jour du Fnac Live, on a démarré très fort avec Mensch (dont je vous ai déjà parlé ici). Il est 17h30 et le duo guitare/basse de Vale et Carine nous prend déjà aux tripes. Le beat nerveux de « Mystery train » signe le début d’un set qui n’est pas sans rappeler le kraut d’Electrelane, ou les envolées de LCD. On sent effectivement chez Vale une rage, une défiance sèche et franche qui sent bon l’assurance. Même si l’on regrette l’absence d’une batterie, il faut reconnaître que Mensch fait une forte impression. Sur « Kraut ever », on se rappelle de cette Cigale, où elles avaient ouvert pour Mansfield TYA, et on danse, parce que c’est vachement bon. 

Mensch (c) Nicolas Brunet

Vient ensuite Liza Manili, sa robe colorée et ses pompes vertes fluo. On change complètement d’atmosphère, pour faire un bon en arrière dans les années 80, à l’apogée d’Elli et Jacno. Les morceaux composés par Séverin, dont on apprécie d’habitude l’excentricité, manquent de solidité. La voix fluette de Liza Manili a bien du mal à suivre et à rester dans les clous, sauf sur « Le Petit Train« . C’est frais et léger. On pense un peu à Adjani, époque « Pull Marine », sans pour autant retrouver Gainsbourg à l’écriture. On regrette un peu Elli, du coup.

On enchaîne ensuite avec l’Anglaise Liz Green, la plus chouette surprise de la soirée. Guitare sèche, contrebasse et saxo sont de mise pour le jazz champêtre de cette jolie rousse dont on attendait beaucoup. Tandis qu’elle arbore un chapeau qui n’est pas sans rappeler Robin des bois, ses musiciens affichent capes et vestes de costumes. On pense immédiatement aux deux méchants des 101 Dalmatiens, décalés et attendrissants. La voix de Liz Green nous renvoie à la grande époque de Karen Dalton, même si elle fait bien moins de folk. Son set est en effet parfait pour un dimanche après-midi, qu’on imaginerait allongé sur l’herbe. Le jazz de Liz Green est insouciant et conteur, au point qu’on est à ça de sortir la nappe à pois rouge et blanc, à la bonne franquette. Elle est souriante, fait des vannes sur Cavendish qui vient de remporter l’étape parisienne du Tour de France, éclate de rire dans le micro. Bref, Liz Green, c’est de la lumière et de la bonne humeur.

Arrivent après les Estoniens de Ewert and the Two Dragons. Ce que l’on apprécie avant tout dans leur pop, c’est la mise en valeur et le travail du clavier entre les guitares et la batterie, qui créé un contraste intéressant avec le reste de la formation. Ewert and the Two Dragons appartiennent à la grande famille des Bon Iver, des Fleet Foxes ou des Beirut. La richesse des mélodies nous embarque, même quand le xylophone s’invite à la place du clavier. Il est un peu moins de 20h et le public, déjà assommé par la chaleur, rentre dans le jeu. On est captivé par la fougue et la générosité des Estoniens, qui nous proposent un set efficace et équilibré.

Ewert and the Two Dragons (c) Nicolas Brunet

On se remet de nos émotions tranquillement, et c’est déjà Carmen Maria Vega, son short en cuir et son chemisier ouvert qui entrent en scène. On sait sa gouaille, sa franchise, parfois sa vulgarité mais on est d’abord scotché par son énergie et sa présence. Ce serait malhonnête de ne pas lui reconnaître ce charisme. Elle fait le show, ose l’avant-scène, harangue la foule et enchaîne les morceaux de son dernier album : « On s’en Fout », « Country », « Singe Savant », « Au Mariage de Christine »… On sent une sacrée voix, mais on est constamment gêné par les artifices qu’elle met en scène, au point qu’on a du mal à cerner la frontière entre l’autodérision et la vulgarité. Elle en fait des caisses, on ne sait pas bien pourquoi, si ce n’est que c’est usant sur la longueur.

On passe sur Archimède qu’on n’a pas vraiment suivi, même si il faut saluer « Je Prends« , qui nous rappelle les Fatals Picards et les Trois Accords, et que l’on prend plaisir à chanter avec eux. Ce Fnac Live se termine avec Tryo. La vitesse à laquelle ils retournent l’Hôtel de Ville induit évidemment que le public est venu pour eux. Ça sent l’herbe comme jamais, tout le monde danse dans une humeur on-ne-peut-plus joyeuse. Ils profitent de l’occasion pour rendre un bel hommage à Patricia Bonnetaud, décédée en février, qui les avait repérés à leurs débuts. « Ladilafé » était le nom du label/prod qu’elle avait monté en 2005.

Bref, une belle journée, marquée par la grâce de Liz Green, l’énergie de Mensch et la fougue d’Ewert and the Two Dragons.

Un grand merci à Nicolas Brunet pour ses superbes photos. 

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